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BELLE-ILE
Encres et dessins de Belle-île.
DES NUS,
1ER ROUND

Peintures et dessins de modèles vivants.

CARNET DE NUS
Dessins de modèles vivants.
 


 

"Tu peux aussi décider d'être étudiant toute ta vie."
Hervé Szydlowski


Les dessins ci-dessous sont ceux du catalogue d'exposition "Carnets de Nus" à la galerie L'empreinte.

L'ensemble de ces dessins (et d'autres encore) est regroupé sur Pinterest
.

L'introduction du catalogue, de Reid Masselink, est au bas de cette longue page.

 

 
 

Another Kind of Nude

The drawings of Olivier Thévin, although visually delightful, are truly more about the sense of touch than sight. Often executed with a thick, greasy crayon on shiny, slippery paper, their nervous contours trace the path of the artist’s eye as it explores every bump and knob in the landscape of human forms. Fingers and toes are drawn as the artist feels them to be, not as they are seen. Long legs get longer, Breasts sag, pubic hair gets messy, nipples and genitals re-assert their biological importance. Nothing is smoothed over in favor of harmony. Draperies, shadows, and chairs, all might interrupt forms rather than unite them. Each of these aforementioned characteristics contributes to making drawings that are both full of surprises often times deeply touching.

According to the artist, the figure drawings are made under the timed pressure of a stop watch ticking off the seconds of poses from one to ten minutes in length. The short span of time he has to draw the figure prevents Olivier Thévin from second guessing his efforts with questions about aesthetics or design and forces him to devote all of his energy to recording his observations. The final composition of each sheet therefore is the result of intuition and luck more than careful planning. That this idiosyncratic process produces such wonderful results seems illogical, but really it is the natural conclusion of a talented artist giving full force to his intuitive and empathetic senses while preventing the common human fears of difference and oddity from inhibiting him.
 

While Olivier Thevin’s drawings are truly unique, they remain part of the grand tradition of figure drawing, and more specifically belong to a category of works by a small group of artists whose interest in the figure is focused more on its individuality than its universality. Better known artists in this group include Dürer, Holbein, Rembrandt, Courbet, Rodin, Schiele, Kokoshka, and Lucien Freud. Their approach is not based on geometry (despite Dürer’s many attempts!) or harmony, but observable differences if forms. The wonderful paradox apparent in their art, and the drawings of Olivier Thévin, is that it is not abstraction, but highly specific empirical realism which creates in the viewer the general sensation of empathy for the human spirit we find there.
 
Reid Masselink, January 2018

 

 

Le Nu mis à nu

Les dessins d’Olivier Thévin, bien qu’ils ravissent l’œil, convoquent en vérité le sens du toucher bien davantage qu’ils n’en appellent à la vue. Exécutés le plus souvent au crayon gras, épais, sur un papier brillant où le trait glisse, leurs contours nerveux explorent les moindres pleins et déliés du paysage des corps. Doigts et orteils s’affranchissent du regard pour dire le ressenti de l’artiste. Les jambes longues n’en finissent pas, les seins s’affaissent, les poils pubiens revendiquent le chaos, tétons et parties génitales affirment leur suprématie biologique. Aucune concession n’est faite à l’harmonie. Les draperies, les ombres et les chaises brutalisent les formes plus qu’elles ne les portent, et les caractéristiques précitées nous offrent des croquis riches en surprises et profondément émouvants.
 

L’artiste explique que les silhouettes sont exécutées sous la pression du temps qui s’égrenne au fil des quelques cinq ou dix minutes que dure une pose. Le temps court et compté, dévolu à l’esquisse, empêche Olivier Thévin de charger son trait de considérations esthétiques, de réinterroger la justesse des lignes, pour ramasser ses efforts et se concentrer tout entier sur ses capteurs sensibles, la précision de ses observations. La composition finale de chaque dessin emprunte de fait davantage à la pureté de l’intuition, ouvrant la porte à la chance, qu’à la méticulosité d’une anticipation. Que ce procédé idiosyncratique produise d’aussi merveilleux effets défie la logique, mais consacre l’heureuse et naturelle expression de la capacité de l’artiste à embrasser son intuition et une sensualité empathique. Son talent, c’est aussi d’assumer une singularité radicale, ignorante de la peur de l’étrangeté.

Mais bien que véritablement uniques, ou précisément grâce à cette qualité, les dessins d’Olivier Thévin s’incrivent dans la grande tradition du « nu », et appartiennent plus spécifiquement à une catégorie d’œuvres d’artistes dont l’intérêt pour la silhouette cherche davantage à révéler une individualité qu’une universalité. Les plus connus d’entre eux sont Dürer, Holbein, Rembrandt, Courbet, Rodin, Schiele, Kokoshka, et Lucian Freud. Leur approche ne se fonde pas sur la géométrie (en dépit des nombreuses tentatives de Dürer) ou sur l’harmonie, mais sur des différences observables au niveau de la forme. Le merveilleux paradoxe est que ce n’est pas l’abstraction, mais au contraire, un réalisme empirique hautement spécifique, qui confère à leur œuvre cette dimension, induisant par des chemins qui nous demeurent impénétrables une impression générale d’empathie pour le sujet offert à la contemplation.
 
 
Reid Masselink, janvier 2018

nu dessin academie

 

// Feutre posca sur papier offset, 7x12 cm.
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