25XII21, MERCREDI
1979
« la Vérité c’est, exactement, la télévision liquide. » Salvador Dali
Asturias rissole mes nerfs, cambre mes reins
Coule mon rêve, emprisonné d’images invisibles,
Ouvre ma bouche de poisson mort qui inventerait le hurlement,
Saigne de nostalgie de ce que je n’ai pas vécu.
Je touchais cette chose du bout des doigts et j’ai perdu toute extrémité.
Mes doigts sont tombés, mon sexe s’est effacé, mes pieds m’ont lâché,
Seul mon cerveau débile est resté sur le sable, comme une méduse, à cuire ;
Et mon âme mollette cherche une autre coquille.
Déliquescence - comme tu as dû aimer le dire, Avida.
25XI18, MARDI
La Mouche et l'Escargot
«Il faut poursuivre le modelé comme une mouche qui court sur le papier» Ingres cité par Degas cité par Paul Valéry dans "Degas Danse Dessin"
En dessin-contour, si la main suit une trace d’escargot fidèle - il faut avancer à la vitesse d’un escargot neurasthénique - l’œil avance comme la main du grimpeur qui cherche sa prise : par touches, en blink ; se servant des axes externes, s’assurant des aplombs, des contre-formes, des voisinages - comme autant de formes étranges du puzzle qui se construit - tout en épousant toujours le modelé comme la Mouche d’Ingres.
C’est toute l’ambiguïté du dessin-contour : l’œil est vif quand la main s’attarde. On assiste ici à une danse d’asynchronie subtile où l’œil ne pourra corriger une main impatiente et à l’inverse où une main, même habile mais mal guidée, sert un maître paresseux.
"L'escargot sur la vitre" Feutre V5 sur carnet Semikolon, 20x30cm ouvert.
25VIII1, VENDREDI
Le contrepoint, c'est toute la difficulté.
Bob Wilson est mort. Peut-être.
«(...) Dans ce musée, tout ce qui est semblable est mis ensemble. Pas dans cette salle. Vous pouvez trouver un masque de Bornéo du XIXe siècle et la tête de Mickey Mouse. Tous les deux sont rouges avec de grandes oreilles. Ici, le semblable et le dissemblable sont mis ensemble. Des restes de têtes africaines, Dietrich en train de fumer une cigarette et une céramique du XVIIIe siècle. Si je mets un ordinateur sur une commode baroque, je vois mieux l’un et l’autre.
«Le but, c’est de trouver le bon contrepoids. D’instaurer des règles pour mieux les briser. Au Louvre, aucune règle n’est brisée. Quand j’ai commencé mes études d’architecte à New York, j’ai eu pour prof Sibyl Moholy-Nagy, qui enseignait l’histoire de l’architecture. C’était un cours sur cinq ans. J’arrivais du Texas, je ne connaissais rien de rien, je n’avais jamais été dans un musée, dans une galerie, et je suis rentré dans la salle de cours, qui était plutôt sombre. Elle était vêtue d’une robe noire, stricte. Derrière elle, il y avait trois écrans noirs, et des images projetées sur les trois écrans : une mosaïque byzantine, une peinture de la Renaissance, une chaise de Frank Lloyd Wright... Et son cours n’avait rien à voir avec ce que nous voyions. Tous les deux mois, il y avait une seule image sur les trois écrans : un dessin de Rome par Le Piranèse. Et cela a duré comme cela pendant cinq ans. Et puis un jour, au milieu d’un cours, elle a dit : "Vous avez trois minutes pour dessiner une ville. Prêts ? Partez ! Retournez vos feuilles." Il fallait que l’on pense vite. Et grand. Et pas à une seule chose à la fois, ça c’est trop compliqué.
«Cela m’amène au souvenir de ma première rencontre avec Marlene Dietrich en 1971. Je l’avais invitée à dîner et elle m’avait dit : "Avec plaisir." Et puis un type est arrivé à notre table et lui a dit : "Mais pourquoi êtes-vous si froide quand vous jouez ?" Et elle de répondre : "Mais vous n’avez pas entendu ma voix !" Elle m’a expliqué que la difficulté, c’était de placer sa voix en fonction de son expression. Ses mouvements pouvaient être glaçants, mais sa voix était très chaude et sensuelle.
«Le contrepoint, c’est toute la difficulté. Prendre un article sur un sujet et une image en décalage pour l’accompagner... C’est ce que j’essaye de faire au théâtre. La plupart des gens prennent un texte, puis l’illustrent. Moi je pars des images et je travaille dessus. Puis je prends le texte séparément. Et enfin j’assemble les deux. C’est comme mixer un film muet avec un feuilleton radiophonique. Cela vous permet de trouver des connexions bizarres, et parfois il n’y a pas de connexions. Comment ce que je peux voir peut m’aider à mieux entendre ? C’est ça, le défi. Au Metropolitan à New York pour le Lohengrin de Wagner,
j’avais 150 choristes en marche contre la musique. La musique de Wagner, elle fonce, elle n’arrête pas de foncer, et le chœur, lui, bougeait tout doucement. Quand je vois ça, j’entends mieux la musique.
«Peut-on lire quelque chose dans un journal et voir quelque chose d’autre ? Cela peut faire surgir un autre sens, une autre compréhension de ce qu’on lit et de ce qu’on voit. C’est cela que je voudrais essayer.»
Extrait de l'article de Libération
S.Bourmeau, E. Franck-Dumas et R. Solis
25V28, MERCREDI
Garçon, ligne R
Feutre V5 sur carnet Leuchtturm1917, 20x30cm.
25V23, VENDREDI
Roi perdu
«On peut être heureux et s’ennuyer. Comme un vieux roi perdu dans des murs d’habitudes devenus labyrinthes, enfermé sans le savoir, à l’abri des vertiges d’Icare.» Thomas B Reverdy / "6, rue Georges V"
dessins 1 et 2 /
Fusain Kohinoor gioconda sur Canson 32x40 cm. (dessin 1 réservé)
dessins 3 et 4 /
Poses courtes, crayon couleur sur calque jaune 20x15 cm.
25I27, LUNDI
« Où allons-nous »
Andréa ancre ses poses comme dans un Gauguin. Simplement et profondément.
Craie aquarellable sur couché brillant 15x24 cm.
dessins, textes et graphisme © Olivier Thévin
olivierthevin.com
2026